Le métro du Grand Paris face à sa première menace

Le métro du Grand Paris a fait face à un premier incident le 1er décembre 2017. À l’occasion du vote du budget 2018, les collectivités locales franciliennes, représentées par leurs élus, ont tenu à exprimer leur mécontentement quant au manque d’engagement du gouvernement. Même si le budget a finalement été adopté, par les seuls représentants de l’Etat, cela pourrait constituer une menace de taille pour le futur métro.

Un budget non voté par les élus

Début décembre 2017, les élus ont refusé de voter le budget 2018 présenté par la Société du Grand Paris, l'entreprise en charge de la construction du futur métro francilien. Les élus, qui devaient voter un budget s'élevant à 2,249 milliards d'euros pour 2018, ont voulu dénoncer le manque d'engagement du gouvernement sur ce projet. Bien que le budget ait finalement été adopté par les représentants de l'Etat, le refus des élus pourrait constituer une sérieuse menace pour le futur métro du Grand Paris.

Que dénoncent les élus à travers ce refus ?

Depuis le début du projet en 2008, tous les concernés par le projet du supermétro ont su se mettre d'accord, même les élus aux engagements politiques opposés. Cela a permis de financer le projet à travers des emprunts à long terme auprès d’investisseurs privés. Ces derniers acceptant de faibles taux d'intérêt en raison d'un investissement considéré comme sûr. Or, tout pourrait être remis en question suite aux bruits de couloir qui évoquent un étalement d'une quinzaine d'années des travaux. C'est en tout cas ce que certaines personnalités proches de la majorité présidentielle semblent avancer. Or, retarder les travaux à 2045 pourrait avoir de graves conséquences financières : diminution des investissements privés, hausse des taux et surcoûts importants.

Le métro du Grand Paris : un projet qui continue pour le moment

Malgré le défi des élus, l'Etat a adopté le budget avec 11 voix. Mais celui-ci pourrait être révisé au début de l'année 2018 suite aux arbitrages que devrait prendre le gouvernement sur le futur métro du Grand Paris. Des arbitrages qui devaient déjà intervenir en novembre, puis en décembre. À cette occasion, le gouvernement devrait donner des précisions sur deux éléments pointés du doigt par les élus : le budget de seulement 99 millions consacré aux lignes 14 nord, 15 est, 16 et 17 (alors qu'elles doivent être livrées pour les Jeux olympiques) et le manque de garanties quant à la réalisation des lignes 17 et 18.