Des obligations vertes pour financer le Grand Paris Express

L’ambitieux projet d'infrastructure du Grand Paris Express (4 lignes en plus, 2 lignes à prolonger, 68 gares à créer avec des quartiers alentour) dépasse le budget initialement prévu. Pour régler les 38,5 milliards d'euros nécessaires, le recours au marché s'avère nécessaire en plus du financement par l’État. Des green bonds contribueront donc à boucler le budget. 

Des taxes et des obligations

La Société du Grand Paris (SGP), qui pilote la mise en œuvre de ce programme de grande envergure, table avant tout sur un financement étatique. Le Grand Paris Express sera en grande partie payé par

  • une partie de l'impôt forfaitaire sur les entreprises de réseaux ;
  • la taxe spécifique d'équipement ;
  • une portion de la taxe imposée aux bureaux, locaux commerciaux et parkings.

En tout, ce financement d’État est évalué à 500 millions d'euros annuels, soit trop peu pour financer un tel projet. La SGP a donc opté pour des obligations vertes, des green bonds. Ces titres négociables pourraient correspondre à un prêt de 5 milliards d'euros au final. 

Le plan original de la Société du Grand Paris

La société du Grand Paris a choisi l'Euro Medium Team Note (EMTN). Ce programme se traduit par des créances qui tiennent à la fois de la lettre de change et de l'obligation à long terme. Ce système est flexible : il permet d'emprunter aussi vite que nécessaire. De plus, les obligations vertes sont émises dans le but de financer un programme vu comme favorable à la transition écologique. 

En pareil cas, la société concernée est exhortée à communiquer en détail sur l'avancement et les profits de l'investissement. Ce programme ENTM a été présenté à l'Autorité des Marchés Financiers le 19 juillet dernier. Suite à son avis favorable, les premiers green bonds devraient être mis en circulation entre fin septembre et fin décembre 2018. 

Les obligations vertes entrent en action

Avec le début effectif des travaux, l'émission régulière de green bonds s'impose afin de fournir un financement annuel suffisant. A cet égard, trois types d'investisseurs sont recherchés : 

  • à court terme : de 3 à 7 ans ;
  • à moyen terme : de 7 à 15 ans ;
  • à long terme : 30 ans voire plus.

En matière d'obligations vertes de ce genre, la France est parfaitement au point. Elle est d'ailleurs leader en Europe dans ce domaine, comme en attestent les 37 milliards d'euros émis sous forme de green bonds depuis 2012. Cette tendance gagne du terrain au niveau mondial comme le confirme une étude de l'agence Moody's publiée le mois dernier. En France, l’État choisit des financements verts pour le bâtiment et de plus en plus, pour les transports via la RATP et la SNCF.